Méru : Nexity, le Maire et le Président de la Communauté de Communes prévoient de construire sur des sols pollués ?

Communauté de Communes, Logement, Ville Ajouter un commentaire

Quand les intérêts financiers tournent le dos aux exigences de santé publique

La Communauté de Communes propriétaire de l’ancienne friche de la fonderie Norinco a confié à NEXITY la construction d’habitations dont des logements collectifs destinés à reloger les habitants du quartier de la Nacre qui seront démolis dans le cadre du PRU, (Plan de rénovation urbaine).

Depuis l’annonce, fin 2007, de ce projet de construction, à plusieurs reprises lors de séances du Conseil municipal, nous, élus de la liste Méru-ensemble, avons attiré l’attention du maire sur les pollutions du sol de cette friche industrielle.

Les premières réponses de ce dernier se limitèrent à un vague projet de « construction d’une dalle, réservée à des parkings, sur la zone polluée… puis le temps fera son œuvre de dépollution » affirmait-il.

N’acceptant pas de laisser courir des risques pour la santé des futurs habitants, nous avons alors protesté contre cette fausse solution qui consistait à « cacher la crasse sous le tapis » en laissant aux générations à venir ce danger potentiel de contamination par contact direct avec cette terre polluée, par contamination des végétaux, par infiltration jusque dans la nappe phréatique.

Les services de la préfecture ont alors « recommandé » au maitre d’œuvre, la Communauté de Communes des Sablons, une expertise sur la nature de cette pollution des sols. En février 2010, Néodyme Envisol remettait la conclusion de son étude.

Curieusement « indisponible » dans notre Mairie de Méru, nous nous rendons dans les locaux de la Communauté de Communes des Sablons où nous pouvons  consulter ce rapport. Ce que nous découvrons a de quoi inquiéter.

Nous y apprenons la présence, dans les années qui ont précédé la démolition de la fonderie, d’un dépôt de 20 tonnes de carbure de calcium, de 125 tonnes de déchets de peintures, de PCB dans 6 transformateurs électriques.  (A cause de leur toxicité, les PCB sont interdites en France depuis le décret du 2 février 1987).

Sur ce site il est signalé également la présence de sources radioactives –restituées au CEA de Saclay en 1992- et d’amiantes (toitures)

Toutes ces matières dangereuses ont été traitées lors de la démolition, selon les rapports existants, par des entreprises spécialisées. Nous nous efforçons de croire qu’il n’en reste aucune trace, y compris sous les remblais de 3 mètres d’épaisseur.

Pourtant, comme nous allons le voir dans ce qui suit, la pollution des sols reste inquiétante. Nous –élus de « Méru-ensemble » ne sommes pas les seuls à nous en inquiéter : un arrêté préfectoral prescrivait, en 2001, à la société Norinco « de recouvrir la zone des dépôts de 40 cm au moins de matériaux peu perméables. Cette mesure a pour effet de prévenir tout contact du public avec les matériaux pollués …».

En 2009 Néodyme Envisol a réalisé des sondages sur une zone d’étude définie par la communauté de commune (ndlr, pas sur la totalité du site : une zone de remblais est exclue. Pourquoi ? Que contiennent ces remblais ?)

Sur de nombreux sondages les taux de polluants dépassent largement les gammes de valeurs courantes :

Antimoine : teneur comprise entre 0,5 et 26 mg/Kg (soit 14 fois les valeurs courantes)

Arsenic : 1 à 51 mg/kg (2 fois les valeurs courantes)

Mercure : 0.05 à 3.8 mg/kg (38 fois les valeurs courantes)

Plomb : 3.5 à 210 mg (4 fois les valeurs courantes) avec un pic à 4000 mg soit 80 x !

L’absence de communication de la part de la Communauté de Communes, comme de la Ville de Méru, a de quoi inquiéter sur une réelle volonté de livrer au constructeur un terrain totalement décontaminé.

Les métaux lourds ne sont pas les seuls polluants suspectés. Dans ses recommandations de février 2010, Envisol  estime nécessaire de « réaliser une Evaluation des risques sanitaires, afin de s’assurer que les teneurs en HCT et HAP (composés volatils) sont compatibles avec les usages projetés, même dans le cas de la couverture des terres en place ».  Elle indique ainsi la présence (sans la quantifier faute d’en avoir été missionnée) de ces polluants et souligne le risque sanitaire qu’ils présentent. Nous attendons les résultats de cette évaluation, en supposant qu’elle a été faite (?).

Yves Leblanc assure que des travaux de dépollution seront exécutés avant construction des habitations. Ces assurances varient en fonction de ses interlocuteurs. Lors de la dernière réunion du Conseil municipal, nouveau projet. Construire les habitations sur les zones de remblais, sur des pieux ! «  … en autorisant Nexity à construire plus de logements qu’initialement prévu, pour combler ce surcoût… »

De quoi sont constitués ces remblais ? Les a-t-on explorés pour connaître les matériaux … « de toutes nature, y compris longtemps en contact avec des choses radioactives » nous confient, sous couvert d’anonymat, d’anciens salariés Norinco ».

Silence gêné ? Ce silence de nos élus, leur absence de réaction quand nous les interpellons en réunion publique, laisse à penser à une volonté de faire le moins de vagues possible autour de cette construction sur un site pollué. Jusqu’à présent cette stratégie fonctionne puisque la presse locale ne semble pas vouloir se saisir de ce dossier.

Il nous semble donc de notre devoir de porter cette information. Il ne sera pas possible, dans l’avenir, de s’entendre dire « vous, les élus de gauche vous saviez aussi, mais vous ne nous avez pas informés ».

Aujourd’hui les conditions ne sont pas remplies pour garantir aux futurs habitants la préservation de leur santé.  Ce dossier de site pollué est dans les mains du maire de Méru et du président de la Communauté de Communes des Sablons depuis plus de 15 ans. Depuis, aucune mesure de dépollution n’a été mise en œuvre. Pourquoi avoir tant attendu !? Nous n’accepterons pas qu’aujourd’hui de sérieux travaux de décontamination (et non « d’économiques petits sparadraps ») ne soient entrepris avant toute construction. Il en va de la santé de nos enfants et petits enfants.

D’autres collectivités ont su prendre les décisions à la mesure du problème posé par des friches industrielles polluées. Très récemment, dans l’Oise, les communes  Bornel et Senlis.

D’autres cas semblables existent. La documentation ne manque pas sur le net. A consulter (liste non exhaustive):

Description qualitative à la date du 31/01/2001 (cf. BASOL Picardie 60 : site n°48) Site Norinco : « La présence dans le sol de polluants de nature métallique principalement présente un risque potentiel en particulier pour la santé et la salubrité publiques, la protection de la nature et l’environnement. Extrait de la fiche Basias à consulter à l’adresse suivante: http://basias.brgm.fr/fiche_detaillee.asp?IDT=PIC6001858
- Un forum. Terrain à bâtir déclassés pour cause de pollution, sur des sables de fonderie :
http://www.forumconstruire.com/construire/topic-115903.php
« …trois camions qui transportaient une soixantaine de tonnes de terre, provenant des anciennes fonderies Trivino de La Voulte-sur-Rhône, ont déclenché le portail de détection de radioactivité à leur arrivée au centre de stockage de déchets non dangereux de la Coved à Roussas (Drôme). »
http://www.ledauphine.com/ardeche/2010/12/02/alerte-a-la-pollution-radioactive

A vos recherches !

James Tellier et toute l’équipe de rédaction de « Méru Ensemble »

2 commentaires relatif(s) à “Méru : Nexity, le Maire et le Président de la Communauté de Communes prévoient de construire sur des sols pollués ?”

  1. Jennifer Dit:

    Bonjours suite à vos déclaration dans cette rubrique j’aurais voulu savoir si le sol à enfin été dépolluée de façon à ce qu’il n’y ai plus de risque pour les futures habitant car moi même ayant acheter sur ce terrain j’aurai voulu avoir plus d’information car Nexity nous a bien confirmé que ce n’était plus polué mais est ce vrai ? Cordialement

  2. James Tellier Dit:

    Nexity nous avait garanti, suite à nos interpellations, « une dépollution, en grattant une couche de 80 cm » de terre polluée ». J’ai pu observer qu’effectivement une couche de terre a été enlevée en surface. Mais, selon nous, la pollution aux métaux lourds ayant durée plusieurs dizaines d’années, il est probable qu’elle se soit infiltrée sur une grande profondeur. J’ai de notes de la préfecture qui recommandait il y a déjà plus de 10 ans, « même en cas de dépollution superficielle, de ne pas autoriser de culture » (potager, arbres fruitiers)-révélateur!-. De plus, la partie la plus polluée, à l’état de friche à proximité des habitations, restera en l’état ! « trop cher de dépolluer…  » selon les élus locaux, le maire de Méru et le président de la communauté de commune. Ce malgré nos protestations.

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