Les troubles de Méru, actuellement à Paris

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99 jours, les troubles
Du mardi au samedi à 21h45
Théâtre les déchargeurs
3 rue des déchargeurs 75001 Paris
Salle Vicky Messica

Durée : 1h

Tél. réservations : 0892 70 12 28 (0,34 €/mn)

Avec le code « Oui Théâtre » votre entrée est à 10 euros.

Critique en ligne:
http://www.froggydelight.com/article-8469-_99_jours_les_troubles.html

Etre utile à l’autre.

Devant moi le texte de Jean-Baptiste Platel, 1909, les troubles de Méru : sa lecture m’a rassuré. C’est un texte engagé, dénonciateur notamment des conditions de travail des ouvriers, de leur salaire de misère, de l’enrichissement outrancier des patrons… Jean-Baptiste Platel est excessivement concerné et c’est une des grandes qualités de cette écriture. Il pousse à l’engagement, à la prise de position. En plus de son engagement, il a eu le désir de transmettre, de nous transmettre et de nous pousser à notre tour à nous engager.  

De ma fenêtre, je vois la brique rouge des maisons voisines. Je choisis de sortir et mes pas m’emmènent vers la place du Jeu de Paume qui fut le théâtre de tant d’événements à Méru. Je m’installe, j’écoute. Trois personnages aux points de vue différents apparaissent tout d’abord, dans une urgence presque militaire, pour se faire entendre et puis d’autres encore, boutonniers, ouvriers, enfants, syndicalistes, patrons, hussards, préfet, grévistes. Émergent alors colère, révolte, mais aussi confiance et puissance de vie. Les mouvements et les discours deviennent alors collectifs. Pourquoi se battre si ce n’est d’abord pour l’autre !

Ce combat a laissé des traces dans nos murs, dans nos vies. Le sang qui a marqué la rue coule encore aujourd’hui dans nos veines et dans nos têtes. Ça s’est passé il y a quelques années, quelques jours. Ça se passera demain.

Au-delà du travail de mémoire, nous tenterons, sur notre modeste plateau, de nous interroger sur notre propre rencontre avec la solidarité et la citoyenneté. Les problèmes évoqués restent très actuels : réduction de salaire, délocalisation, licenciement, pouvoir d’achat en berne. Face à cela, chacun doit se positionner : indifférence, soutien ou rejet.

Plus largement c’est un positionnement en termes de responsabilité. Celle-là même que chacun d’entre nous a tendance à fuir ou à éviter, ou qui fait dire à quelqu’un que la politique ne l’intéresse pas. Celle-là même qui fait que le chaos social dans lequel nous vivons aujourd’hui nous propose le cri ou le mutisme. Mutisme engendré par le confortable, par l’individualisme. Celle-là même qui fait que l’on ignore le chômage de l’autre, que l’on accepte de passer près de quelqu’un qui ne va pas manger et qui va dormir dans la rue.

Je pense que l’on doit être en mesure de répondre de ce qui est de sa responsabilité. Le théâtre aide à ça. À chaque instant, dans nos choix. Il est de notre responsabilité de faire parler ce texte. Il correspond avec précision à tout ce qui nous inquiète, il met du verbe sur ce que nous avons envie de dire et aiguise notre théâtre, notre outil pour aider à partager. Au tout départ, il y a forcément une « affinité élective », une volonté d’éclairer le passé, ces grèves oubliées et de suivre une trace, de les revivre.

Mais nous ne souhaitons pas servir un public à la recherche d’un passage de témoin et d’un message politique. C’est pour cela que ce spectacle a été pensé en région, sur les lieux mêmes où se sont passés ces événements, pour mieux entendre sa résonance et sa pertinence. La création a été faite « hors les murs » du théâtre, pour aller au plus près du public. Nous avons choisi la proximité, quitté le siège confortable des théâtres pour la chaise des salles des fêtes, celle des réunions syndicalistes dans l’optique de recréer les conditions d’une écoute de spectateurs concernés ou surpris, militants ou non.

Qu’un même comédien joue le syndicaliste, le préfet et le patron nous pousse dans nos retranchements de choix de mise en scène. Chaque geste devient identifiable et identitaire. Tout est politique : le cigare, la fumée du cigare, les vêtements, le regard. Tout cela s’imposait à nous. C’est cela que nous avons fait, parler de ce qui s’imposait à nous, dans le souci d’être utile à l’autre.

William Herremy
Metteur en scène
Conseiller municipal groupe Méru ensemble

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