Fermetures des Urgences de Méru

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Le C.H.I des Portes de l’Oise s’est contenté d’un communiqué laconique, le 8 février, sur son site internet :

« A compter du 1 février 2012, les Urgences de Méru seront fermées définitivement

En raison du manque récurrent d’effectif médical, nous vous informons de la fermeture définitive du service urgences du site de Méru à compter du 1 février 2012.
Veuillez nous excuser pour la gêne occasionnée, vous rendre directement aux urgences de Beaumont sur Oise, 25, rue Edmond Turcq ou contactez le 15. »

Depuis le 1er février, il est donc permis d’imaginer la détresse d’un certain nombre de patients qui se sont « cassé le nez » sur cette porte fermée.

Il est tout de même assez scandaleux que la population n’ait pas été préalablement mieux informée. Il semble bien que la presse n’ait découvert cette info officielle qu’en même temps que nous, le 8 février.

Quant aux élus locaux, le Docteur Alain Letellier, Président de la Communauté de Communes des Sablons, et le Maire de Méru, 1er Vice président du Conseil de surveillance du CHI, chacun comprendra leur peu d’empressement à porter cette information à leurs administrés.

Voilà moins d’un an le maire de Méru se voulait rassurant « il avait obtenu des garanties du CHIPO  pour le maintien des urgence le jour »…

Mais si cette fermeture définitive ne suscite pas plus d’émotion, c’est aussi pour une bien triste réalité: nos élus UMP, tant à la tête de la C.C des Sablons qu’à celle  de la Ville de Méru ont habitué les médias et leurs administrés à cette mort du service public de santé.

Ils avaient hérité, en 1995, d’un Hôpital, l’Hôpital Albert-Degremont fièreté de toute une population, avec Maternité, Chirurgie, Médecine, Urgences … Ce que retiendra l’histoire locale de leurs mandats électifs c’est leur incroyable passivité*  face à la fermeture successive de TOUS ces services publics de santé.

James Tellier

*passivité est en l’occurrence un mot …« politiquement correcte ». Nous pourrions être plus durs, en nous souvenant des luttes menées dans les années antérieures à 1995, par les élus d’alors qui savaient mobiliser pour les manifestations, intervenir auprès des ministères… actions qui avaient permis de laisser cet héritage d’un service publique de santé digne de ce nom !

 

Méru : la mort des services publics de santé

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Coups de mentons et déclarations rassurantes de nos élus locaux ne changent rien à l’agonie des services publics de santé dans le canton de Méru. Témoin de cet état de « soins palliatifs », un récent forum sur « La création d’un pôle santé à Méru »

Le jeudi 13 septembre, à 20h00, cinéma le Domino se tenait une réunion en présence de l’Agence Régionale de la Santé de Picardie.

Les élus locaux ne se bousculaient pas dans la salle. Le Directeur de l’ARS Picardie s’étant excusé, c’est sa sous-directrice qui le représentait. La Directrice de l’hôpital de Méru était absente également. ( ! ) Les professionnels de la santé en exercice dans notre canton, conviés à cette réunion, étaient également PEU nombreux : Alain Letellier, Dany Marissael, M. Mesnier, deux spécialistes, un pharmacien… Bref, le sujet, pourtant si important, n’avait pas mobilisé.

L’ARS ouvre la réunion par un tableau (nous le connaissons déjà tous) peu reluisant sur l’état des lieux dans notre canton, après la fermeture successive de tous les services de l’hôpital de Méru et le non remplacement des départs en retraite des médecins généralistes, et des indicateurs de l’état de santé de la population plus sombre que les moyennes nationales et régionales.

Le maire de Méru,Yves Leblanc, malgré le faible auditoire, tente d’engager les professionnels de santé autour de la création d’un pôle santé.

Laborieuse et vaine argumentation. En toute fin de réunion Alain Letellier, silencieux jusque là, casse violemment, en 30 secondes, les près de 2h00 de travail du maire de Méru et de l’ARS : « votre truc, c’est de la foutaise !… ça ne marchera jamais !… personne n’en veut. Je n’y mettrai pas un centime. Il est hors de question que les collectivités locales financent ces trucs là… » leur lance le Conseiller général. Cette « mise à mort » sert de conclusion à la réunion.

Bilan: si l’on en juge par le triste spectacle offert par ce forum, tout espoir de voir  naitre un pôle santé à Méru se sont envolés.

Aucun espoir actuellement de voir naitre une amélioration. C’est dramatique, car l’ultime coup de grâce s’annonce: en mars 2012 les urgences de l’hôpital de Méru, fermées depuis quelque temps la nuit, risquent fort de fermer totalement et définitivement. Après cette fermeture, aucune autre structure ne viendra palier à ce dernier coup dur pour toute la population méruvienne.

Ce sera le point final d’une succession de fermetures des services entamées, voilà maintenant une décennie, par la fermeture de la maternité sans que cela ne provoque la moindre réaction de nos 2 élus locaux, acteurs principaux de cette réunion, le Maire de Méru et le Président de la Communauté de communes des Sablons.

Acteurs qui, depuis 15 ans, conjointement, ont laissé se dégrader, sans jamais sourciller, les services publics de santé du canton de Méru.

James Tellier

Quand des élus ne baissent pas les bras :

Dans notre département, à Noyon, pour empêcher la décision inique de l’ARS Picardie et du ministère de la Santé de fermer la maternité et le service de chirurgie, l’ensemble des élus se battent.

La mobilisation de l’ensemble des élus, face à cette nouvelle atteinte portée au service public de proximité, orchestrée par un gouvernement de droite guidé uniquement par une notion de rentabilité, sera déterminante dans les jours à venir.

Patrick DEGUISE, maire socialiste, et les élus du Noyonnais, nous invitent à les rejoindre dans ce combat, pour qu’ensemble, le mercredi 23 novembre à Noyon, nous puissions faire entendre la voix des territoires ruraux qui ne peuvent plus supporter le démantèlement des services à la population.

 

 

Forum santé à Méru: un diagnostic inquiétant.

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Le forum santé organiser par le Conseil régional de Picardie a permis d’établir le diagnostic de notre canton en matière de santé publique. Il confirme hélas ce que nous savions déjà : nos services de santé sont en voie de désertification. Les professionnels de santé présents sont pessimistes et ne voient pas comment nous pourrions inverser ce processus : un jeune interne résume la réflexion générale : « la situation est telle à Méru qu’elle n’attire  pas les jeunes médecins : pas de structures, pas de spécialistes … en conséquence, ni notre confort professionnel, ni la sécurité de nos patients ne peuvent être garantis ».

Les élus locaux, Yves Leblanc et Alain Letellier, présents,  semblent enfin prendre conscience de  la portée  de la catastrophe qui est déjà engagée : des taux de mortalité nettement plus importants  dans notre canton que partout ailleurs, en France, dans notre Région et notre département, et dans le même temps la fermeture de tous les services de santé.

Cette prise  de conscience, alors qu’ils « gouvernent » ensemble notre territoire depuis plus de 16 ans, arrive bien tardivement ! Nous ne les avons jamais vus se battre pour le maintien de tel ou tel service de l’hôpital.  Ils resteront dans l’histoire de notre canton les élus qui ont laissé mourir la santé publique locale : un comble, pour celui qui est le Premier vice président du Conseil de surveillance de l’hôpital, et pour le Président de la communauté de communes qui est aussi médecin !

Ce forum n’apporte pas de solution, il ne fait que préciser la gravité de la situation.  Pour sortir de cette spirale inquiétante Il faudra une forte volonté politique (celle qui a manqué depuis près de 2 décennies tant au niveau local que national). Ce, en étroit partenariat avec les professionnels de santé qui ont montré leur implication et leur mobilisation lors de ce forum.

La Région Picardie représentée par Mireille Tiquet, vice Présidente,  a montré sa volonté de soutenir  toute initiative qui émanerait d’une réflexion collective (élus locaux et professionnels de santé). Saurons-nous nous mettre autour d’une table ? L’intérêt de la population en dépend.

Les élus de Méru Ensemble, très présents lors de ce forum, ont exposé leur propre diagnostic et exigé des mesures urgentes et à long terme pour stopper cette désertification des services de santé publique.

Contribution du groupe d’élus « MERU ENSEMBLE »

Présentée par Thérèse CHAPELOUX

Nous nous sommes procuré une étude (*) dressant un état des lieux de la santé sur le secteur de MERU. Nous y avons trouvé des indicateurs alarmants :

» Les professionnels de santé, médecins généralistes et médecins spécialistes, (Dentistes, Auxiliaires médicaux, Infirmiers libéraux) proportionnellement à la population et donc aux besoins, leur densité est inférieure à celles de l’Oise, de la Picardie et de la France entière. Signalons qu’un tiers des généralistes a 55 ans ou plus, ce qui est supérieur à la Région et à la France.

»  La densité d’habitants au Km2 est plus importante que celles du département, de la région, du pays.

» La mortalité générale  est plus élevée que dans les entités géographiques précédemment citées. La mortalité avant 65 ans est plus forte qu’aux niveaux départemental et national.

Pouvons-nous conclure que le secteur de MERU est malade de sa santé ?

On ne peut nier une forte inégalité territoriale en matière d’accès à la santé et aux soins.

C’est pourtant dans ce contexte que tombe en décembre l’annonce de la fermeture du service médecine de l’hôpital, après celles de la maternité en 2001 et de la chirurgie en 2008.

En 10 ans l’hôpital a été démantelé.

Le maire de MERU nous assure de sa volonté de maintenir les urgences. Or, fin janvier, lors des vœux au personnel, la direction de l’établissement déclarait : « La question de maintenir un site labellisé urgences pour moins de 8000 passages par an mérite d’être posée » Et encore : «  Les deux Agences Régionales ILE DE France et PICARDIE doivent tenir une réunion de concertation fin janvier, pour tenter d’avancer sur les réorganisations »

Précédemment, nous relevons dans un communiqué de l’ARS PICARDIE  : « Cette fermeture de l’unité de médecine relève de la direction de l’établissement, lequel est placé sous la tutelle de l’ARS ILE DE FRANCE. L’ARS de PICARDIE ne peut donc intervenir sur cette décision qui ne relève pas de sa compétence. »

Nous avons noté que le site de MERU paie la note d’une gestion hasardeuse du CHIPO, ayant conduit à un déficit de 8 millions d’euros, et doutons du bien fondé des raisons qui ont conduit à la fusion de deux sites implantés sur des régions administratives différentes.

Nous demandons de façon pressante :

¤ Aux maires du secteur de se donner les moyens d’assurer une veille sur les cessations d’activités de professionnels de santé, et de travailler à l’attractivité du territoire pour favoriser l’installation de remplaçants,  le développement de nouveaux services,  car le risque de désertification médicale existe.

¤ A la Région d’accompagner de nouveaux projets, comme elle le fait en cofinançant des maisons médicales, ceci en concertation avec les professionnels de santé du secteur.

¤  A l’Etat dont c’est la responsabilité, de prendre les mesures d’urgence qui s’imposent, garantissant à la population l’accès à la prévention et à des soins de qualité, dans le cadre d’une véritable politique de santé publique.

* OR2S – REGARD SANTE L’AIRE DE MERU 2009

 

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