Méru: « communication politique » ou concertation avec les habitants ?

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Depuis 2007, année où ce projet a vu le jour, l’information auprès des habitants sur le PRU, plan de rénovation urbaine du quartier de la Nacre, n’a pas été le point fort de la municipalité. Pas de concertation, une communication à sens unique.

C’est la raison pour laquelle nous espérions une amélioration avec l’intervention d’un Cabinet spécialiser en communication sur ce type d’opération. Cabinet dont le contrat a été signé par le maire de Méru en ce début 2011.

De fait, peu avant cet été, ce cabinet a réalisé sur le quartier une consultation auprès des habitants. Même s’il est permis de regretter que ce soit seulement à l’heure où les travaux vont démarrer que l’on entame une consultation qui devait se faire dès le début du projet en 2007, nous attendions les conclusions de cette étude avec intéret.

Elles nous ont été présentées en juillet dernier et le constat n’est pas tendre :

« Depuis le début des années 2000, l’image du quartier de La Nacre s’est dégradée et une vie « en vase clos » s’est établie. De nombreux problèmes se sont installés au cours des décennies passées (sources : Convention pour la mise en œuvre du Projet de Rénovation Urbaine Quartier de La Nacre 2010-2013) »… (extrait de du rapport publié)

Mais les images en disent plus que les rapports écrits toujours édulcorés pour ne pas trop froisser la susceptibilité des élus en place.

Et le reportage (*) qui accompagne ce rapport, c’est l’expression du ressenti amer des habitants. Ce qu’ils disent nous donne les raisons de ce qui a produit cette « image dégradée ». Que disent-ils ?

- « aucun jeux pour les enfants » – « les espaces verts ne sont pas entretenus… jamais une fleur dans notre quartier »- « manque d’éclairage » – « manque de parkings » – « stationnement anarchique et danger pour nos enfants » – « manque de bancs publics » – « absence d’entretien des espaces piétons » …

Les habitants ne font que dire dans ce reportage ce qu’ils disent aux élus municipaux depuis 15 ans, sans avoir jamais été entendus.

Ce travail de l’Agence de communication ne nous apprend rien de nouveau. Fallait-il payer (250 000 €) un cabinet de communication pour tirer aussi peu d’enseignements nouveaux, alors que la simple écoute des habitants par les élus municipaux aurait du suffire ?!!!

Mais, ajoutons pour la vérité, la mission de cette agence de com. ne s’arrête pas là… A l’approche des futures élections municipales, son travail apportera, n’en doutons pas, un plan com . et de précieux arguments à l’équipe UMP…  Ce ne sera donc pas 250 000 € de perdus pour tout le monde !

(*) le reportage:

 

James Tellier

Le Projet de Rénovation Urbaine de Méru est un mauvais projet

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Le dernier point de l’ordre du jour du conseil municipal, très souvent  le plus embarrassant pour la majorité, est celui qui vient en débat vers minuit, quand les journalistes exténués par leur longue journée ont plié bagages. Ce sont les questions sur lesquelles le maire veut le moins d’échos possible.  Ce fut le cas pour la question de la fermeture de l’hôpital, reléguée en 28 ème question lors de la séance du Conseil municipal du 13 décembre dernier, obligeant le personnel hospitalier venu entendre leurs élus à attendre pendant plus de 3 heures !

Ce fut le cas le lundi 28 mars, lorsque, dernier point de l’ordre du jour , le Conseil municipal était invité à voter une dépense de 250 000 € pour le marché passé avec une officine de communication sur le Programme de Rénovation Urbaine du quartier de la Nacre.

Nous, élus du groupe Méru Ensemble, avons saisi ce point de l’ordre du jour pour communiquer les observations recueillies auprès des habitants concernés.

Texte de l’intervention de James Tellier au nom du groupe Méru Ensemble :

« Nous déplorons comme vous le coût de cette communication. 250 000 €, c’est cher, mais cela semble nécessaire quand on voit de quelle manière vous avez conduit votre communication en direction des habitants.

Une opération de rénovation urbaine, telle que celle en projet sur le quartier de la Nacre, avec relogement, démolition et reconstruction, nécessite la mobilisation de moyens financiers et humains importants. Cela implique l’obligation d’une étude préalable longue, sérieuse, où les habitants doivent impérativement être impliqués dès le début et jusqu’à sa conclusion.

Cela a-t-il été le cas pour les habitants de notre quartier ? NON !

En 2007, à quelques mois des élections municipales de 2008, vous vous êtes contenté de présenter aux habitants VOTRE projet de rénovation. A aucun moment, ni les habitants, ni  les associations, ni les enseignants du quartier, n’ont été sollicités pour participer à l’élaboration de ce projet.

Depuis, en dehors d’une exploitation éhontée de ce projet auprès de la population pendant la campagne des municipales, aucun retour vers les habitants pour recueillir les souhaits, leurs observations ou aspirations, visant à amender ce projet. Vous jugez sans doute que leurs avis n’ont aucun intérêt dans cette phase d’élaboration.

2007-2011 : quatre années sont passés.

Or, nous voilà entrés dans la phase de réalisation, et votre attitude reste la même : vous présentez le même projet, à quelques variantes près. Une fois encore, après un long monologue, devant 80 personnes dans le préau de l’école Jean Moulin, vous n’accordez  que 10 minutes d’une oreille distraite aux observations des  habitants.

Et pourtant, ils en avaient des choses à vous dire ces habitants !

Ils voulaient vous dire : « votre PRU est un mauvais projet »

Votre PRU est un mauvais projet, parce qu’il a été concocté dans notre dos.

Votre PRU est un mauvais projet, parce qu’il ne tient pas compte des besoins réels des méruviens actuellement en demande de logement ou mal logés. Ce projet n’est pas fait pour nous !

Ce projet n’est pas fait pour nous, car il propose des logements plus petits que ceux qui vont être démolis,  et l’offre de logements très sociaux est quasiment nulle. Il ne tient pas compte de la réalité sociale de la population concernée. Ce qui annonce les drames humains de demain avec toujours plus de familles mal-logées.

Votre PRU est un mauvais projet, parce que nos enfants qui avaient la chance d’avoir une école protégée de la grande circulation automobile, vont maintenant y être confrontés d’où qu’ils viennent !

1)      une voie, qui va être la voie principale du quartier et donc promise à une circulation importante, va passer devant leur école

2)      ceux qui habiteront sur le site de la friche Norinco, devront rejoindre la même école en traversant la route départementale !

Nous avions (et nous avons) d’autres tracés à proposer, mais encore aurait-il fallu que vous daigniez nous associer à l’élaboration. Jamais vous ne nous y avez invités en mairie, et comme vous avez décrété que nous n’aurions aucun représentant au conseil communautaire des Sablons, ce n’est pas là non plus que nous risquions d’être entendus.

Votre PRU est un mauvais projet, parce qu’il n’accorde que peu d’importance aux équipements scolaires : nous allons avoir un apport important de population nouvelle et pas l’espace scolaire pour l’accueillir.

Votre PRU est un mauvais projet car vous en avez négligé le cœur de quartier (actuellement la place du 11 novembre)

Votre PRU est un mauvais projet, parce que le volet social a été oublié : Où sont les activités économiques et les activités commerciales. Où sont les structures de services publics ? Où sont les services de santé ? Où ont été pris en compte les besoins en services de proximité ?  Nous attendions que vous preniez en compte le volet mixité fonctionnelle, or il en est totalement absent.  Le problème de l’emploi, problème n°1 au cœur de la population a été totalement négligé.

Les habitants, si vous en aviez laissé la possibilité lors de cette réunion à l’école Jean Moulin auraient conclu ainsi : Votre PRU est un mauvais projet, parce qu’il n’est pas fait pour nous mais pour satisfaire votre égo, (par calcul politique : n’avez-vous pas temporisé le lancement de ce PRU, pour qu’il se termine en fin 2013, à quelques mois, voire semaines, des municipales de 2014). »

 

Méru : Nexity, le Maire et le Président de la Communauté de Communes prévoient de construire sur des sols pollués ?

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Quand les intérêts financiers tournent le dos aux exigences de santé publique

La Communauté de Communes propriétaire de l’ancienne friche de la fonderie Norinco a confié à NEXITY la construction d’habitations dont des logements collectifs destinés à reloger les habitants du quartier de la Nacre qui seront démolis dans le cadre du PRU, (Plan de rénovation urbaine).

Depuis l’annonce, fin 2007, de ce projet de construction, à plusieurs reprises lors de séances du Conseil municipal, nous, élus de la liste Méru-ensemble, avons attiré l’attention du maire sur les pollutions du sol de cette friche industrielle.

Les premières réponses de ce dernier se limitèrent à un vague projet de « construction d’une dalle, réservée à des parkings, sur la zone polluée… puis le temps fera son œuvre de dépollution » affirmait-il.

N’acceptant pas de laisser courir des risques pour la santé des futurs habitants, nous avons alors protesté contre cette fausse solution qui consistait à « cacher la crasse sous le tapis » en laissant aux générations à venir ce danger potentiel de contamination par contact direct avec cette terre polluée, par contamination des végétaux, par infiltration jusque dans la nappe phréatique.

Les services de la préfecture ont alors « recommandé » au maitre d’œuvre, la Communauté de Communes des Sablons, une expertise sur la nature de cette pollution des sols. En février 2010, Néodyme Envisol remettait la conclusion de son étude.

Curieusement « indisponible » dans notre Mairie de Méru, nous nous rendons dans les locaux de la Communauté de Communes des Sablons où nous pouvons  consulter ce rapport. Ce que nous découvrons a de quoi inquiéter.

Nous y apprenons la présence, dans les années qui ont précédé la démolition de la fonderie, d’un dépôt de 20 tonnes de carbure de calcium, de 125 tonnes de déchets de peintures, de PCB dans 6 transformateurs électriques.  (A cause de leur toxicité, les PCB sont interdites en France depuis le décret du 2 février 1987).

Sur ce site il est signalé également la présence de sources radioactives –restituées au CEA de Saclay en 1992- et d’amiantes (toitures)

Toutes ces matières dangereuses ont été traitées lors de la démolition, selon les rapports existants, par des entreprises spécialisées. Nous nous efforçons de croire qu’il n’en reste aucune trace, y compris sous les remblais de 3 mètres d’épaisseur.

Pourtant, comme nous allons le voir dans ce qui suit, la pollution des sols reste inquiétante. Nous –élus de « Méru-ensemble » ne sommes pas les seuls à nous en inquiéter : un arrêté préfectoral prescrivait, en 2001, à la société Norinco « de recouvrir la zone des dépôts de 40 cm au moins de matériaux peu perméables. Cette mesure a pour effet de prévenir tout contact du public avec les matériaux pollués …».

En 2009 Néodyme Envisol a réalisé des sondages sur une zone d’étude définie par la communauté de commune (ndlr, pas sur la totalité du site : une zone de remblais est exclue. Pourquoi ? Que contiennent ces remblais ?)

Sur de nombreux sondages les taux de polluants dépassent largement les gammes de valeurs courantes :

Antimoine : teneur comprise entre 0,5 et 26 mg/Kg (soit 14 fois les valeurs courantes)

Arsenic : 1 à 51 mg/kg (2 fois les valeurs courantes)

Mercure : 0.05 à 3.8 mg/kg (38 fois les valeurs courantes)

Plomb : 3.5 à 210 mg (4 fois les valeurs courantes) avec un pic à 4000 mg soit 80 x !

L’absence de communication de la part de la Communauté de Communes, comme de la Ville de Méru, a de quoi inquiéter sur une réelle volonté de livrer au constructeur un terrain totalement décontaminé.

Les métaux lourds ne sont pas les seuls polluants suspectés. Dans ses recommandations de février 2010, Envisol  estime nécessaire de « réaliser une Evaluation des risques sanitaires, afin de s’assurer que les teneurs en HCT et HAP (composés volatils) sont compatibles avec les usages projetés, même dans le cas de la couverture des terres en place ».  Elle indique ainsi la présence (sans la quantifier faute d’en avoir été missionnée) de ces polluants et souligne le risque sanitaire qu’ils présentent. Nous attendons les résultats de cette évaluation, en supposant qu’elle a été faite (?).

Yves Leblanc assure que des travaux de dépollution seront exécutés avant construction des habitations. Ces assurances varient en fonction de ses interlocuteurs. Lors de la dernière réunion du Conseil municipal, nouveau projet. Construire les habitations sur les zones de remblais, sur des pieux ! «  … en autorisant Nexity à construire plus de logements qu’initialement prévu, pour combler ce surcoût… »

De quoi sont constitués ces remblais ? Les a-t-on explorés pour connaître les matériaux … « de toutes nature, y compris longtemps en contact avec des choses radioactives » nous confient, sous couvert d’anonymat, d’anciens salariés Norinco ».

Silence gêné ? Ce silence de nos élus, leur absence de réaction quand nous les interpellons en réunion publique, laisse à penser à une volonté de faire le moins de vagues possible autour de cette construction sur un site pollué. Jusqu’à présent cette stratégie fonctionne puisque la presse locale ne semble pas vouloir se saisir de ce dossier.

Il nous semble donc de notre devoir de porter cette information. Il ne sera pas possible, dans l’avenir, de s’entendre dire « vous, les élus de gauche vous saviez aussi, mais vous ne nous avez pas informés ».

Aujourd’hui les conditions ne sont pas remplies pour garantir aux futurs habitants la préservation de leur santé.  Ce dossier de site pollué est dans les mains du maire de Méru et du président de la Communauté de Communes des Sablons depuis plus de 15 ans. Depuis, aucune mesure de dépollution n’a été mise en œuvre. Pourquoi avoir tant attendu !? Nous n’accepterons pas qu’aujourd’hui de sérieux travaux de décontamination (et non « d’économiques petits sparadraps ») ne soient entrepris avant toute construction. Il en va de la santé de nos enfants et petits enfants.

D’autres collectivités ont su prendre les décisions à la mesure du problème posé par des friches industrielles polluées. Très récemment, dans l’Oise, les communes  Bornel et Senlis.

D’autres cas semblables existent. La documentation ne manque pas sur le net. A consulter (liste non exhaustive):

Description qualitative à la date du 31/01/2001 (cf. BASOL Picardie 60 : site n°48) Site Norinco : « La présence dans le sol de polluants de nature métallique principalement présente un risque potentiel en particulier pour la santé et la salubrité publiques, la protection de la nature et l’environnement. Extrait de la fiche Basias à consulter à l’adresse suivante: http://basias.brgm.fr/fiche_detaillee.asp?IDT=PIC6001858
- Un forum. Terrain à bâtir déclassés pour cause de pollution, sur des sables de fonderie :
http://www.forumconstruire.com/construire/topic-115903.php
« …trois camions qui transportaient une soixantaine de tonnes de terre, provenant des anciennes fonderies Trivino de La Voulte-sur-Rhône, ont déclenché le portail de détection de radioactivité à leur arrivée au centre de stockage de déchets non dangereux de la Coved à Roussas (Drôme). »
http://www.ledauphine.com/ardeche/2010/12/02/alerte-a-la-pollution-radioactive

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