Sur les sommets du désespoir

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Enième sommet de crise ou énième crise au sommet, après la réunion des pays membre de l’Union Européenne la semaine dernière, pour tenter de sauver les Etats menacés de faillite par les banques et les agences de notation. Nous assistons à une répétition des mesures  économiques dangereuses qui caractérisent une politique économique gouvernée par l’absurdité.

Les solutions données  à la panique spéculative sont effarantes. Face à l’augmentation par les banques des taux d’intérêts des Etats endettés, augmentant encore plus leur dette,   les Etats touchés répondent par des politiques d’austérité. Ces politiques entrainent une baisse de la croissance qui a pour effet des pertes de recettes fiscales ayant elles-mêmes pour effet d’annuler l’effet des réductions de dépense. Autant dire que les mesures d’austérité renforcent la toxicité des économies des Etats. La dette, est devenue par la force mystérieuse des agences de notation, l’ennemi public numéro un ! Une règle d’or pour les leaders de sommet européens : avoir l’horreur de la dette !

Toutes ces attaques sont hypocrites, elles ont pour effet de dissimuler les vraies responsabilités, celles du monde de la finance et celles des politiques libérales. On oublie qu’en 2008, les Etats ont remis sur pied les banques qui depuis lors, cumulent les profits.  Par ailleurs toutes ces attaques contre la dette, qui a bon dos, ont pour objectif de cacher des idées politiques néo-libérables inflexibles telles que celles de Berlusconi près de chez nous. En France, l’ère glaciaire de l’austérité décidée par la droite a commencé, se répète, recommence.

Nous assistons à travers ces énièmes sommets aux énièmes agitations du président de la République Nicolas Sarkozy voulant se poser en sauveur de l’Europe. Depuis 2008 il tente de se faire appeler Monsieur de la régulation financière, or il répond plus facilement au nom de Monsieur régression.

Sarkozy a préconisé une Europe punitive, avec sanctions budgétaires des Etats qui laisseraient trop leur dette filer, et préconise aussi une France punitive surtout en direction des plus pauvres.

Plus que jamais le capitalisme en France est récompensé, les banques sont remerciées. Pour exemple alors que la garantie de l’Etat est apportée au sauvetage de Dexia, les anciens dirigeants perçoivent indemnité de départ et retraite chapeau – jusqu’à 50 000 € par mois pendant vingt ans, soit 12 M€ pour avoir mis la banque en faillite !

La croissance est à zéro mais le chômage est au plus haut. Près d’un million de chômeurs en plus depuis mai 2007. Récemment, deux plans d’austérité ont été décidés par le Gouvernement : 18 Md€ de sacrifices pour les uns et des largesses aux autres avec la suppression de la 1ère tranche de l’Impôt sur la Fortune. Un rapport de la Cour des Comptes souligne d’ailleurs  que « la moitié du déficit public en France est lié à la politique budgétaire » du Président Nicolas Sarkozy.

L’idée obsédante de règle d’or budgétaire prônée par la droite dans le but de dépolitiser le débat sur la politique économique à mener est révélatrice de la volonté de déresponsabilisation des chantres du libéralisme.

La politique d’austérité menée par le gouvernement est une politique de droite, rappelons-le à la place de ceux qui ne veulent pas l’assumer.  C’est une politique qui ne donne aucune perspective pour les plus fragiles, au sommet du désespoir. C’est une politique qui fabrique non plus des indignés mais des désespérés.

Sachons en face, à gauche, prôner des mesures d’espérance pour porter enfin l’alternance nationalement.

Anaïs Gallier

 

 

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