Où commence la dictature dans un pays ?

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C’est ce qu’on se demande, lorsqu’on apprend qu’une jeune artiste chinoise (Siu Lan Ko) a été censurée pour subversion politique ! Cela ne s’est pas passé en Chine… mais en France, traditionnellement pays de la liberté de pensée et d’expression !

Qui est Siu Lan Ko ? Une artiste performeuse engagée, passionnée par les signes, les idéogrammes chinois, les slogans de propagande, qui travaille sur les slogans, sur leur sens, qui les manipule et les détourne… Elle a travaillé au Tibet pour des ONG, elle a réalisé des performances sur le sort des Tibétains et lors des commémorations de Tian’anmen. Son talent est reconnu à Pékin, elle y expose, et son travail est toléré par les autorités.

Alors pourquoi a-t-elle été censurée en France ??? Juste pour avoir critiqué des propos de Nicolas Sarkozy !!!

Alors que sa performance était prévue depuis longtemps dans le cadre de l’exposition « Week-end de sept jours », et acceptée par la commissaire Clare Carolin (du prestigieux Royal College of Art de Londres) qui avait elle-même choisi cette artiste, son œuvre a été jugée trop provocante et décrochée en toute hâte de la façade de l’école des Beaux-Arts de Paris à la demande de son directeur Henry-Claude Cousseau.

Quelle était cette oeuvre ? Siu Lan Ko a juste accroché les mots « Travailler », « Gagner », « Plus », « Moins », sur de grandes banderoles noires. Juste une référence au slogan bien connu du président français !!!

Pourquoi a-t-elle été censurée ??? Par peur des représailles !!!

« On m’a dit que le travail de Siu Lan Ko était trop explosif pour rester in situ et que certains membres de l’école et des personnes du ministère de l’Education s’en offusquaient déjà » a expliqué le directeur des Beaux Arts. Siu Lan Ko, elle, a bien compris le sens : « Il a peur que ça lui cause des ennuis, et que ça nuise au financement public de l’école Cet incident reflète bien le climat de peur politique dès qu’on touche à Sarkozy en France, et à quel point la liberté d’expression est bafouée dès que des intérêts économiques sont en jeu ».

L’artiste, bien décidée à faire raccrocher son oeuvre, était prête à entamer une action en justice.

L’affaire a finalement eu un heureux dénouement : à la demande du ministre de la Culture Frédéric Mitterrand, les bannières ont été raccrochées sur la façade des Beaux-Arts.

Anne Marie THULLIER

Source de l’information dans Télérama :

http://www.telerama.fr/scenes/une-artiste-chinoise-censuree-a-paris,52575.php

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